Depuis 1946, la montagne étant de plus en plus fréquentée, les accidents se multipliaient. Le maire de Chamonix, responsable de la sécurité sur le territoire de sa commune déléguait au Président de la Compagnie des Guides l'organisation des sauvetages. Cependant, devant la recrudescence des interventions, les guides ne pouvaient plus faire face seuls à cette demande croissante.
Le 30 juin 1948, à l'initiative de la communauté chamoniarde, est créée la Société Chamoniarde de Secours en Montagne (SCSM). Les organismes de secours public n'existant pas à cette époque, son premier rôle fut donc d'organiser les secours.
En premier lieu, la gendarmerie qui assure une permanence 24 heures sur 24 reçoit directement ou par téléphone la demande de secours. Un chef de caravane est aussitôt désigné et forme l'équipe sur laquelle il aura autorité pendant toute la durée du sauvetage. La Compagnie des Guides, l' E.N.A et l' E.H.M sont les trois organismes principaux à se partager la lourde tâche du secours (épaulés si besoin par les écoles de ski, le C.A.F, les C.R.S, le G.H.M).
Les années 1960 voient un tournant dans l'organisation du secours. Depuis de nombreuses années, la gendarmerie de Chamonix dispose de personnels qualifiés qui peuvent se joindre aux opérations de secours. Le 1er juin 1957, la gendarmerie Nationale détache un officier pour assurer le commandement et la direction de ces personnels. Quelques mois après son affectation, le lieutenant propose la création d'une petite unité.
A la suite de la tragédie du Mont-Blanc en 1957, au retentissement national, les pouvoirs publics réagissent en mettant en place une véritable réglementation du secours en montagne qui rentre désormais dans le cadre du plan ORSEC. Le Groupe Spécialisé de Haute Montagne (G.S.H.M) est formé. Il est rapidement reconnu à Chamonix . Seul qualifié pour diligenter les enquêtes relatives aux accidents de montagne, il participe à toutes les interventions de secours et stocke le matériels de la Société Chamoniarde de Secours en Montagne. Très rapidement le G.S.H.M se rend indispensable, son effectif se renforce, la qualification technique de ses personnels s'améliore (guides brevetés - aspirant guides).
Les pilotes d'hélicoptère (Gendarmerie et Sécurité Civile) s'adaptent à la haute montagne et à leurs appareils.
Le secours se médicalise petit à petit, tout d'abord réalisée par l'E.M.H.M ou par un médecin libéral ou de l'hôpital en passant convention avec la S.C.S.M. La médicalisation des secours commence véritablement en 1975 où un médecin appelé du contingent est attribué au P.G.H.M. En 1985, ce médecin , sélectionné pour ses compétences médicales et montagnardes est directement détaché par l'hôpital (SMUR Montagne).
En 2001, la SCSM prend un nouveau tournant en fusionnant avec l'association O.H.M pour devenir la Chamoniarde, "Société de Prévention et de Secours en Montagne".
La Chamoniarde s'implique dans le secours au quotidien, l'information, la prévention et la formation. Si l'initiative d'une telle structure fut d'abord communale, c'est bien grâce au partenariat de ceux qui se sont sentis concernés et qui se sont investis qu'elle a pu émerger et évoluer.